CLOSE UP : LA ZOUZANCE

 

Julie – Je suis prof de français dans la vraie vie, sinon je suis l’une des deux organisatrices du Festival de la Zouz, même si on a pas mal de copines qui nous filent des coups de main. Je suis aussi l’une des fondatrices d’un webzine qui s’appelle Friction Magazine.

Agathe – Je suis étudiante en journalisme web et je suis la deuxième organisatrice du Festival de la Zouz, qui est aujourd’hui dans sa version Les Zouz s’en Mêlent (à la Marbrerie, Montreuil, ndlr).

Julie – On a monté un collectif qui s’appelle La ZouZance et aujourd’hui on est avec Les Femmes S’en Mêlent sur l’organisation de la soirée, donc c’est Les Zouz S’en Mêlent.

 

19095327_288313641580091_3954340185651583508_o.jpg
Le Festival de la Zouz #3 © Marie Rouge

 

La ZouZance

Agathe – C’est une façon de penser, un courant.

Julie – La ZouZance c’est nous deux et puis toutes les meufs qui veulent. Aujourd’hui il y a pas mal de nanas qui étaient déjà venues sur les autres éditions du coup elles font un peu partie du collectif, c’est une famille à géométrie variable.

Agathe – On est deux à organiser le festival mais ça se veut être un collectif avec toutes les meufs qui ont participé. 

Julie – La ZouZance c’est le support, c’est ce qui nous permet d’organiser des évènements où on peut inviter d’autres nanas à présenter ce qu’elles font. On avait envie de créer un collectif féminin et féministe de fait, on s’est rendu compte qu’autour de nous il y avait plein de nanas qui faisaient des trucs géniaux et on s’est dit qu’au lieu de chacune faire son petit truc, autant qu’on se mette toutes ensemble pour faire un évènement qui claque un peu ! On a fait 5 éditions et on s’est un peu exporté à Lyon aussi, il y a eu un mini Festival de la Zouz qui s’appelait la Vogue des Margaudes. C’est de l’argot lyonnais qui, en gros, veut dire Festival de la Zouz. On s’est bien marré !

 

 

17342629_254913204920135_4207733242616940174_n.jpg
Visuel du Festival de la Zouz #2, par Agathe.

 

Festival de la Zouz

Julie – J’ai rencontré les meufs d’une friperie qui s’appelle Mermaid Express, en même temps j’ai rencontré Audrey, la programmatrice de A la folie, et on s’est dit « tiens, si on faisait un truc cool, genre un mini festival de la zouz ». On a dit ça un peu comme une blague et en fait on l’a fait. On s’est rendu compte en le faisant que c’est chaud de tout gérer avec des plateaux musicaux, des illustratrices, des créatrices, des tatoueuses… Ce sont des nanas qui n’ont pas forcement les mêmes besoins donc c’est pas mal de taf. J’étais pote avec Agathe et il y a eu un moment “Agaaaathe on a besoin d’aide !”.  Je lui ai demandé de l’aide pour la com’ et surtout pour les visuels, et puis maintenant on fait tout toutes les deux.

Agathe – Pourtant je suis pas du tout graphiste, je maîtrise pas du tout Photoshop.

Julie – Non, mais elle aime bien Paint!

Agathe – Je fais les visuels avec des ciseaux et un bâton de colle, et je m’occupe aussi de tous les petits visuels pas hyper compliqués. Je fais ça sur Powerpoint, c’est scandaleux ! En ce moment j’essaye de convaincre les gens qui me font passer des entretiens pour un stage de Community Manager qu’on peut faire des trucs bien sur Powerpoint !

Julie – Pour le coup, s’il n’y avait pas Agathe on n’aurait pas du tout d’identité visuelle. Moi j’aurais juste écrit Festival de la Zouz à la main, et voilà ! Sur la première édition c’était Charline (ChaWiyana, ndlr), une illustratrice, qui nous avait fait un collage. On est restées sur cette idée et sur les 5 éditions c’est des vrais collages qui ont été faits à la main. Ça va rester comme ça, ça nous plaît trop mais c’est beaucoup de travail.

Agathe – Ouais, ça me prend du temps, faut que j’aille acheter People et trouver des magazines dans lesquels il y a des photos de meufs. La difficulté c’est que dans Biba t’as des meufs blanches, minces, et voilà. Là, j’avais trouvé un super truc où il y avait plein de meufs noires et j’étais contente de trouver un peu de diversité, parce que sinon tu fais un collage avec des meufs blanches et mannequins, quoi.

Julie – Et puis pour le coup, derrière le mot « zouz » on met toutes les personnes qui se disent meufs et pour qui ça a un sens de dire « moi je suis une zouz ».

 

19093023_288314921579963_2469744171509349693_o.jpg
Déco du Festival de la Zouz #3 © Marie Rouge

 

You Only Live Once

Julie – On est quand même des grosses blagues, on a un peu un syndrome de l’imposteur. On essaye de faire le mieux possible tout en gardant un esprit yolo. La déco c’est du yolo, c’est des fleurs achetées à Tati et un rideau acheté à Casa, on essaye de bricoler ça et finalement comme chaque meuf rapporte son univers, à la fin c’est joli. J’y tiens vachement à ce côté yolo, mais on le fait le mieux possible quand même, les évènements sont prévus bien en amont, on sait avec qui on veut travailler, c’est organisé.

Agathe – Toi t’es super organisée, aussi !

Julie – Ouais je suis un peu control freak, j’essaye d’être yolo mais je suis vite rattrapée par les tableurs excel, les brouillons de mails que je relis 12 fois, les listes sur mes cahiers…  On commence à être un peu rodées mais la veille au soir on se tape toujours un gros coup de flip, à chaque fois on se dit « ah mais merde, tel truc on n’y a pas pensé ».

 

29665204_380321999045921_3980623989428603541_o
« Saint-Lazare 18H », recueil de poèmes écrits par Leslie Préel et illustrés par ChaWiyana ©Alicia Brouilliard

 

« Saint-Lazare, 18H »

Julie (aka Leslie Préel) – Ce projet c’est encore une grosse blague, en fait. Charline (ChaWiyana, ndlr) est une copine à moi et un jour je lui ai dit « ce serait trop cool si t’illustrais mes poèmes ! » un peu en mode blague et elle m’a répondu « vas y, envoie-moi ça » ! Du coup j’ai retravaillé mes poèmes de façon à ce qu’ils soient lisibles par d’autres gens et je les ai envoyés à Charline, qui me proposait des illustrations. C’était assez cool de voir la lecture qu’elle pouvait faire des textes parce que ce que j’avais en tête ce n’était pas forcément ce qu’elle allait dessiner, et en fait ça marche trop bien. Du coup c’est dans un joli coffret, avec des jolies fiches, et c’est trop beau. C’est la première fois que je le vois aujourd’hui, je suis un peu émue. 

 

29744327_380322852379169_4436598488824665059_o
Le joli stand CARE/MESS aux Zouz S’en Mêlent © Alicia Brouilliard

 

Good vibes

Julie – Ma plus grande fierté c’est le workshop de waacking à l’édition #4 avec Ari De B. Tout le monde était à fond, en plus c’était la plus yolo cette édition-là, on avait notre bar à paillettes nous-mêmes, c’était un peu n’imp, mais j’en garde un trop bon souvenir, il y avait plein de good vibes.

Agathe – C’est cool de voir qu’à chaque fois il y a plein de gens, de se rendre compte qu’on a réussi à rassembler ce truc, que ça marche, et que les gens sont contents.

Julie – Il y a un truc un peu fou, c’est quand t’arrives et que le lieu est brut, t’es un peu désespérée avec tes trois pauvres fleurs et ton pauvre rideau, tu galères, t’as l’impression de mettre une heure pour bouger deux tables et que ça sert un peu à rien ce que tu fais, et puis d’un coup ça prend forme : j’adore ce moment où t’as l’impression que quelqu’un a fait « tadam ! » et c’est bon. Et puis quand les gens te disent que c’est cool et qu’il y a une super ambiance c’est un truc dont je suis super fière. En fait il y a un peu un côté bande de copines aussi, même si tout le monde ne se connaît pas forcément.

Agathe – Ça fait plaisir, les meufs échangent entre elles aussi. Tu vas voir tes voisines de stand et du coup il y a un certain partage.

 

Retrouvez La ZouZance sur Facebook et Instagram.

 

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de